🍂 À la rentrée, tu n’as pas à devenir une nouvelle femme

Femme en tenue d’automne dans une rue italienne – s’aimer sans se mettre en chantier – Mam’s Ailes

Septembre a un drôle de talent : à peine les vacances terminées, il débarque avec une liste de choses qu’on serait censées améliorer.

Nouvelle organisation. Nouvelles habitudes. Nouveau corps. Nouvelle garde-robe. Nouvelle version de soi. Comme si on était une application avec une mise à jour obligatoire tous les ans.

Et si, cette fois, on refusait poliment le téléchargement ? 🍂

Le piège du « grand redémarrage »

La rentrée adore le mot reprendre. Reprendre le travail, reprendre le sport, reprendre de bonnes habitudes, reprendre sa vie en main.

Mais parfois, à force de vouloir tout reprendre, on finit surtout par se reprendre soi-même. On se regarde comme un chantier : ici il faudrait perdre, là il faudrait corriger, ici être plus organisée, là plus courageuse, plus calme, plus productive, plus mince, plus ceci, moins cela.

Ça fatigue rien qu’à l’écrire.

Tu n’es pas un chantier permanent.

Ton corps n’a pas « raté » l’été

Il n’avait pas un examen à passer en maillot. Il n’avait pas à devenir plus acceptable avant juillet ni à revenir de vacances avec une dette morale parce qu’il a mangé, gonflé, bronzé, pas bronzé, marché, dormi ou simplement vécu.

Et il n’a pas davantage besoin d’être caché maintenant que les pulls reviennent.

On peut aimer retrouver une maille douce, un pantalon confortable, une veste qui enveloppe. Mais il y a une sacrée différence entre s’habiller parce qu’on aime la sensation et s’habiller pour disparaître.

On en parlait déjà dans « S’aimer, ça commence pas dans un miroir. Ça commence dans un jean qui serre pas. » : le vêtement n’a pas à devenir un instrument de punition.

S’habiller n’est pas se corriger

On nous a appris beaucoup de règles étranges : allonger ceci, cacher cela, affiner ici, détourner l’attention de là. À force, on finit parfois devant une tenue en se demandant uniquement : « Est-ce que ça me mincit ? »

Question différente : est-ce que je me reconnais dedans ?

Est-ce que cette couleur me donne envie de relever la tête ? Est-ce que cette matière est agréable ? Est-ce que je peux bouger ? Est-ce que j’ai envie de sortir comme ça ? Est-ce que ce vêtement ressemble à mon humeur aujourd’hui ?

Ça n’interdit pas d’avoir envie de mettre son corps en valeur. Ça remet simplement le corps à sa bonne place : dans ta vie, pas devant un tribunal.

Et les jours où ton humeur décide de prendre les commandes, il y a aussi notre article « S’habiller selon son humeur : et si ton dressing te comprenait enfin ? ».

Tu as le droit de changer. Tu n’es juste pas obligée de te remplacer.

Bien sûr qu’on change. Heureusement.

On peut décider de marcher davantage, de couper ses cheveux, de quitter quelque chose qui nous étouffe, d’apprendre, d’oser une couleur qu’on n’aurait jamais portée avant, de remettre un projet sur la table.

Mais il y a une différence entre grandir et passer son temps à vouloir remplacer la femme qu’on est par une version imaginaire qui, elle, serait enfin « comme il faut ».

Cette femme parfaite n’arrive jamais. Et franchement, tant mieux. Elle aurait probablement un dressing beige parfaitement trié, boirait deux litres d’eau par jour et nous emmerderait au bout de dix minutes. 😏

Et si l’automne servait plutôt à ajouter qu’à corriger ?

Ajouter une couleur qui te plaît.

Ajouter une soirée où tu ne fais rien.

Ajouter un vêtement confortable sans te demander s’il est « flatteur » selon le règlement international de la cuisse.

Ajouter une habitude parce qu’elle te fait du bien, pas parce qu’elle te rend plus présentable.

Ajouter du temps avec les gens qui te font rire. Une promenade. Un café chaud. Une musique beaucoup trop forte dans la voiture. Une paire de chaussettes ridicules. Une journée où tu n’optimises absolument rien.

Ce n’est pas spectaculaire. Mais s’aimer ne l’est pas toujours.

S’aimer, parfois, c’est juste arrêter de se mettre en chantier

Pas se trouver magnifique tous les matins. Pas réciter des phrases devant un miroir jusqu’à ce que le miroir demande grâce.

Juste arrêter, de temps en temps, de chercher ce qu’il faudrait réparer.

Septembre peut être un nouveau chapitre si tu en as envie. Mais tu n’as pas besoin de brûler le précédent, ni de devenir une autre femme pour mériter la suite.

Tu peux entrer dans l’automne exactement comme tu es aujourd’hui.

Avec tes envies, tes contradictions, tes projets, tes fesses, tes doutes, ton rire, tes jours avec et tes jours sans.

Et continuer à avancer à partir de là.

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